Sur des charbons ardents

Ce soir sur Arte, je regarde “Wild Thing", documentaire éculé sur l'histoire du rock´n'roll, sa révolte, sa subversion, enfin tout le tintouin habituel. À l'Est rien de nouveau, un vieux punk comme moi connait l'histoire, les images défilent, souvent de mauvaises qualités, même pas digne d'un Nokia première génération, et très vite, j'ai le sentiment de regarder un film multidiffusé. La voix off (Denis Lavant, il me semble), un brin nostalgique, accompagne plusieurs décennies de musiques sauvages, en quête de liberté et d'authenticité.

Si certains sont les enfants de leurs lectures, moi, je me suis construit sur les rythmiques de "Hound Dog", "Paint it Black" et autre "Career Opportunities". Éric Burdon, Lux Interior, Johnny Thunders, Stiv Bators et beaucoup d'autres, m'ont tracé la ligne à suivre. Tu me diras quand tu es môme et que tu n'as pas de père, tu t'accroches à ce que tu peux, mais ça, c'est une autre histoire.

Derrière ma Samsung écran plat, quelques mètres de vinyles sont alignés. Ils sont savamment classés selon mes critères, période majeure du rock´n'roll : 1954, Swinging London, New York 74, Garage, Alternatif, Psychobilly, London 77... des heures et des heures de musique en héritage, de musique morte, car il faut bien l'avouer, le rock´n’roll n'est plus.

N'y vois dans ce constat aucune amertume, c'est ainsi et puis à vrai dire, je m'en fous. J'aurai pu m'intéresser à la techno, au rap ou pire encore au jazz, chemin tout tracé pour mes oreilles éduquées. Mais tout ceci m'ennuie, j'ai besoin de me nourrir d'authenticité, brute de préférence, sans fioritures, animale dirons-nous. Alors le mec qui pleure sa banlieue, qui rêve de voitures allemandes, de piscines et de dindes Nabila, me navre. Ce n'est pas ma jeunesse, j'ai déjà du mal avec Disneyland.

Puis, c'est le passage obligé sur le club des 27, même si Amy Whinehouse l'a rejoint récemment et que les bookmakers pariaient sur Pete Doherty, il me semble loin, une belle idiotie mercantile. Les martyrs, quels qu’ils soient, sont une invention de ceux qui restent, ils nourrissent la lâcheté ambiante et le portefeuille du capital. "Vivre vite et mourir jeune" est un slogan à la con, mais je ne m'étendrais pas sur le sujet, par respect pour certains de mes amis qui l'on suivi à la lettre.

Je m'allumerai bien une Chesterfield. Je n'y ai plus droit, deux mois de sevrage, je ne voudrais pas que ma retraite me passe sous le nez. Heureusement, il me reste encore l'alcool, de temps en temps, avec modération comme ils disent, et toujours selon eux, sans dépasser les 24 litres annuels. Là encore, je suis hors limite. Va falloir que je me calme, car l'important est de durer, n'est-ce pas ?

Pete Townshend casse sa guitare, Sid Vicious pique du nez pendant une interview, Slash se prend pour une rock star, la notoriété des Beatles est plus grande que celle de Jésus, Iggy Pop se la joue rescapé du tumulte ou vieille tante en forme, c'est selon...

Je zappe, sur la Une, c'est les Battles de The Voice.


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